Avez-vous déjà entendu dire que la mauvaise humeur pouvait rendre malade ? Ou qu’un tempérament « sanguin » révélait votre personnalité ? Ces expressions populaires trouvent leur origine dans une vieille théorie médicale : celle des humeurs. Mais cette vision antique a-t-elle encore sa place dans la médecine moderne ?
Qu’est-ce que la théorie des humeurs ?
Formulée dans la Grèce antique, notamment par Hippocrate puis Galien, la théorie des humeurs affirmait que notre santé dépendait de l’équilibre de quatre fluides corporels : le sang, la bile jaune, la bile noire et le phlegme. Chacun de ces fluides était associé à un élément naturel et à un tempérament : sanguin, colérique, mélancolique ou flegmatique. Un déséquilibre, pensait-on, provoquait maladies du corps ou de l’esprit, et les traitements consistaient à rétablir l’harmonie par des saignées, des purges ou des régimes alimentaires adaptés.
Pourquoi cette théorie a-t-elle été abandonnée ?
Avec les progrès de la science, la théorie des humeurs a été progressivement discréditée. Les découvertes en anatomie, en physiologie, en microbiologie et en chimie ont révélé que les maladies ont des causes bien plus complexes : infections, troubles génétiques, déséquilibres hormonaux, facteurs environnementaux. Les traitements issus de la théorie des humeurs, comme les saignées, se sont révélés non seulement inefficaces mais parfois dangereux.
Aujourd’hui, la médecine moderne repose sur des preuves expérimentales, des analyses précises et des connaissances approfondies du corps humain. Les diagnostics et les traitements sont fondés sur la recherche scientifique, et non sur l’idée d’un équilibre de fluides invisibles.
Un héritage culturel, mais plus une base médicale
Même si la théorie des humeurs n’a plus aucune validité scientifique, elle a laissé des traces dans notre langage et notre imaginaire. Nous parlons encore de « mauvaise humeur », de « se faire de la bile » ou de tempérament « sanguin », mais ces expressions n’ont plus de fondement médical. La médecine contemporaine ne reconnaît plus de relation entre ces fluides et la santé ou la personnalité.
Conclusion : la science a tranché
La théorie des humeurs appartient désormais à l’histoire de la médecine. Elle a permis, en son temps, de faire avancer la réflexion sur le corps et la maladie, mais elle a été totalement dépassée par les avancées scientifiques des deux derniers siècles. Aujourd’hui, elle ne sert plus qu’à éclairer le passé… ou à nourrir notre vocabulaire.
La prochaine fois que vous entendrez parler de « mauvaise humeur », souvenez-vous : la médecine, elle, a tourné la page depuis longtemps.
Voir aussi : Hippocrate : Père de la médecine
La théorie des humeurs : Héritage antique et influences persistantes dans les médecines alternatives
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