À l’entrée de Sardinosque, impossible de rater l’imposante statue de Jeanne d’Arc, sabre sorti de son fourreau, prêt à être utilisé pour le combat, prête à défendre le village contre toute invasion, surtout celle qui pourrait venir de Frantrouille. Jeanne, c’est un peu la gardienne officielle, la sentinelle historique qui rappelle à tous que les envahisseurs n’ont qu’à bien se tenir. On la sent prête à en découdre, même si, avouons-le, elle aurait préféré affronter des Anglais plutôt que des voisins bruyants et amateurs de modernité.
En face, Frantrouille n’a pas résisté à la tentation de répondre à la bravoure sardinienne avec une touche d’ironie (et un brin de provocation). Pour prouver leur esprit progressiste (et, surtout, pour agacer les Sardinois), ils ont érigé une statue flambant neuve d’un pompier moustachu, lance à la main, posture conquérante, pile dans l’axe du regard de Jeanne. Ici, le pompier n’est pas qu’un simple soldat du feu : il incarne le courage, la bravoure, et surtout la mission sacrée d’éteindre les incendies… un clin d’œil pas très subtil au destin tragique de Jeanne d’Arc, brûlée vive il y a quelques siècles.
Mais ne vous y trompez pas : dans l’univers de Frantrouille et Sardinosque, cette confrontation statuaire n’est ni tout à fait une déclaration de guerre, ni seulement une blague. C’est un peu les deux à la fois, selon l’humeur du jour.
D’ailleurs, les Frantrouillards, sitôt leur journée écoulée à cultiver la terre et veiller sur leurs bêtes, troquent la faux contre la lance à incendie. À la lueur du soir, ils s’entraînent à dompter les flammes, comme s’ils voulaient cueillir le feu autant que le blé. Aujourd’hui, on ne compte plus les pompiers à Frantrouille, chacun rendant hommage, à sa façon, à la statue qui trône à l’entrée du village.
Quant aux Sardinosques, ils puisent leur inspiration dans les qualités et l’esprit de Jeanne d’Arc : courage tranquille, détermination sans faille et sens profond de la justice.
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